Kujira

Les kujira, au Japon, ne représente pas seulement les baleines mais tous les cétacés. Cependant une dérive de la langue a associé ce nom à ces grands cétacés. On les rencontre aussi sous le nom d’isana, le poisson valeureux.

En effet, dans l’ancien Japon, les baleines et même tous les cétacés n’étaient pas considérés comme des mammifères mais comme des poissons. Ils n’avaient donc pas cette valeur religieuse que les bouddhistes donnaient à tous les mammifères, et donc pouvaient subir tous les interdits, dont la consommation de la chaire. Cependant, malgré ce manque de discernement face à leur origine, les pécheurs évitaient de les tuer car ils voyaient en elles des messagers divins.

Mais cette paix envers les baleines ne dura guère longtemps. Alors qu’avant on ne tuait que les baleines s’échouant ou venant près des côtes, au XVIIème, la chasse que l’on connaît (le hogei) s’organise dans le monde des pêcheurs.

Le mode d’équipement évolua avec le temps, passant du simple harpon à un équipement beaucoup plus stratégique. Cette chasse qui fournissait viande savoureuse et huile devint une véritable flotte toute puissante.

Bien sûr avec le temps, les commissions internationales et les organisations écologistes et de défense des animaux prirent conscience de la destruction massive de la population des baleines et de sévères quotas furent mis en place pour remédier à ce carnage… bien trop tard.

On peut encore se demander aujourd’hui, si la pêche de ces grands cétacés possède une aussi grande place qu’autrefois. Je ne pense pas me tromper en répondant que non. Elle n’a de réelle place qu’à travers ce terme de magnificence qu’on accordait à cette pêche.

Le commerce lié à la baleine était alors synonyme de richesse et de prospérité, mais plus encore l’animal en lui même était quelque chose d’incroyable. La baleine était un animal vivant dans les profondeurs de l’inconnu, un animal gigantesque, hors de toute mesure.

Les baleines demandaient un savoir faire et d’incroyables qualités pour réussir à se faire piéger. Les hommes avaient donc cette sensation de devoir se dépasser, d’aller vers le divin même, pour réussir leur tâche. Le commerce des chaires et des huiles devaient alors la preuve même d’une réussite face à la mère nature et même face au divin d’un certain côté.

Si cette chasse, car c’est bien le nom qu’il faut lui donner, apportait richesse et prospérité, elle apportait aussi le respect et une réputation bien plus précieuse.

 

By Cassandra