Le futon

Malgré une recrudescence des couchages occidentales dans le monde entier, le futon reste le meilleur moyen de faire dodo au pays du Soleil Levant.

Né en Asie, il y a à peu près 3 000 ans, le futon est composé d’un matelas capitonné (le shikibuton) de 5 à 20 cm d’épaisseur et de taille standard 90*190. Il est recouvert de coton et de matière synthétique le rendant assez souple et léger, permettant ainsi à l’heureux propriétaire de le plier pour le ranger pendant la journée.

Traditionnellement posé sur des tatamis, ce mode de vie permet ainsi aux tatamis de respirer pendant la journée et aussi de faire gagner de la place dans l’appartement ou la maison.


Un kakebuton

Le futon est accompagné d’une épaisse couverture matelassée (le kakebuton) et d’un oreiller (le makura). Autrefois, on disposait d’une magnifique moustiquaire de lin lâchement tissé (le kaya), pour se protéger des insectes nuisibles durant les nuits étouffantes de l’été.

Le futon en coton n’est apparu que vers la fin du XVI ème siècle. Avant cela les paysans se contentaient de matelas de paille, tandis que la noblesse et les samouraïs avaient de réels matelas de paille tressée (comme des tatamis) accompagné d’une couverture munie de manches. Le coton ne fut utilisé pour le futon que pour des raisons pratiques (élasticité, rétention de chaleur, absorption de l’humidité…).

Le futon accompagné d’un kakebuton (le tout en double) fait souvent partie des cadeaux que l’on offre aux jeunes mariés, encore aujourd’hui. On voit donc bien ici, le poids culturel que ces objets ont gardé.

Il est amusant de voir aussi l’histoire de l’oreiller, makura, qui accompagne le futon. Si aujourd’hui, ils sont remplis avec des haricots ou des perles en plastique, il n’en était rien auparavant. Les récentes découvertes archéologiques ont montré que les premiers oreillers n’étaient que de simples pierres. Puis vinrent des billot de bois polis. D’ailleurs à l’ère Edo, les femmes qui portaient alors des coiffures somptueuses, étaient obligées de dormir sur des oreillers de bois qui leur surélevaient la tête.

Depuis, on a pu voir de nombreuses formes et de matières (kapok, duvet, paille de sarrasin…), mais les nouvelles tendances forcent au confort que nos pauvres corps réclament.

Comme dans nos contrées pour les matelas, au Japon, un bon futon est un futon fabriqué mains, en flocons de coton lavé, cardé, homogénéisé et compacté, couche après couche, dans des filets qui donneront un parfaite aération, un confort et une souplesse remarquable.



Bien sûr le futon a une assez mauvaise réputation concernant le confort. Les premières épaisseurs proposées (5 à 10 cm) sont assez rudes, surtout si l’on ne dort pas sur des tatamis. Il est donc conseillé de prendre une épaisseur plus moelleuse (10 à 20 cm) pour avoir un véritable confort.


Il est aussi intéressant de noter que les japonais ne reconnaissent pas les futons créés en occident comme étant de réel futon ! XD

 

Ci-contre : une estampe représentant une femme installant un kaya au dessus d'un futon.

 


By Cassandra